FO dénonce des répressions antisyndicales chez Amazon

Un comité d’entreprise extraordinaire s’est prononcé le 3 mars contre le licenciement d’un délégué syndical FO sur le site Amazon de Saran (45). L’an dernier, deux autres militants avaient été sanctionnés. Pour FO, il ne fait pas de doute que la direction cherche à briser un syndicat qui prend de l’ampleur au sein de l’entrepôt du géant de la vente en ligne.

Un délégué syndical FO du site d’Amazon à Saran (45) fait actuellement l’objet d’une procédure de licenciement. S’agissant d’un salarié protégé, un comité d’entreprise extraordinaire (CCE) a été convoqué le 2 mars pour donner son avis. Le 3 mars, il a émis un avis négatif. L’inspection du travail doit maintenant se prononcer dans un délai de deux mois.

« C’est seulement au cours de ce CCE que nous avons connu le motif du licenciement – du harcèlement, avec des arguments qui ne sont ni fondés ni justifiés, dénonce Guillaume Chevalier, délégué syndical FO. Lors de l’entretien préalable, aucun fait précis ne lui avait été reproché. On les [la direction] sent mal à l’aise, ça ressemble à une vengeance personnelle. »

Déstabiliser FO

La procédure se base sur une dizaine de témoignages « l’accusant par exemple de prendre ses heures de délégation pour éviter de faire le ménage ou pour nuire à l’ambiance de l’équipe » ajoute Anthony Marteau, délégué syndical FO.

L’an dernier, deux autres militants FO avaient reçu un avertissement, qu’ils avaient contesté.

« Y aurait-il des projets qui se passeraient mieux sans FO ?, s’interroge la section commerce de la fédération FEC-FO dans un communiqué daté du 26 février. La chronologie des faits ne fait que renforcer notre conviction que la direction d’Amazon cherche à déstabiliser FO. C’est peut-être les suites de la grève lancée au mois de décembre et l’investissement de l’équipe FO à défendre les intérêts et les droits des salariés ».

Une grève en décembre 2015

En décembre 2015, la direction avait imposé à tous les salariés de travailler le samedi pour faire face aux commandes en période des fêtes. Jusqu’à présent, les heures supplémentaires ne se faisaient que sur la base du volontariat. FO avait appelé à faire grève ces jours-là pour revendiquer des effectifs supplémentaires, des embauches en CDI et l’arrêt des heures supplémentaires obligatoires.

Surtout, aux dernières élections professionnelles en septembre 2015, FO a obtenu 14 % des voix et un siège de titulaire au CE. « On est le seul syndicat à s’opposer à la direction, poursuit Anthony Marteau. En ce moment, on conteste la délocalisation d’un service en Allemagne et en République Tchèque. Comme on est en train de grossir, ça les embête. Ils sont sur le dos de la section depuis un an ».

« On est très infantilisés »

Le syndicat dénonce aussi régulièrement les conditions de travail dans cet entrepôt ouvert en 2007, le premier grand site d’Amazon implanté en France. Le bâtiment de 70 000 m2 emploie à l’année un millier de salariés qui gèrent des millions de produits stockés.

« On est très infantilisés, tout est fait pour qu’on ne prenne pas d’initiative, déplore Anthony Marteau. Beaucoup d’anciens de l’armée deviennent chefs pour cadrer les troupes, aux Etats-Unis ce sont des GI. » Il évoque par exemple l’interdiction de porter les cheveux détachés, même pour les salariés qui travaillent dans les bureaux, ou les cordons de capuche qui ne doivent pas dépasser… 7,6 cm de long.

Quel statut pour les lanceurs d’alerte ?

Point de vue syndical sur un acteur émergent

Le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique sera soumis à discussion en séance publique les 3 et 4 novembre prochain au Sénat. Il prévoit notamment l’institution d’une protection générale des lanceurs d’alerte. Ce statut questionne tant au niveau européen, avec l’adoption en avril dernier de la directive secret des affaires, qu’au niveau national avec ce projet de loi Sapin II.

Même le juge s’est prononcé sur cette délicate question par un arrêt de la Cour de Cassation du 30 juin 2016. En l’espèce, un salarié engagé en qualité de directeur administratif et financier par une association, avait été licencié, pour faute lourde, après avoir dénoncé au procureur de la République les agissements d’un membre du conseil d’administration et du président de l’association susceptibles de constituer une escroquerie ou un détournement de fonds publics. La Cour a alors retenu qu’ « en raison de l’atteinte qu’il porte à la liberté d’expression, en particulier au droit pour les salariés de signaler les conduites ou actes illicites constatés par eux sur leur lieu de travail, le licenciement d’un salarié prononcé pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, de faits dont il a eu connaissance dans l’exercice de ses fonctions et qui, s’ils étaient établis, seraient de nature à caractériser des infractions pénales, est atteint de nullité. » La chambre sociale, par cette décision, permettait la protection des lanceurs d’alerte, et l’analyse qu’elle en livre dans son rapport annuel incitait à une avancée du statut.

En effet, il s’agit d’ordonner et d’équilibrer trois notions relativement nouvelles et qui semblent s’opposer : l’open data, le secret d’affaires et le lanceur d’alerte. Dans un monde de plus en plus connecté, où la donnée doit être accessible, à défaut d’être lisible, les entreprises demandent davantage de protection juridique à travers la notion de secret d’affaires afin de préserver leurs orientations de développement stratégiques. Cette tension entre la transparence et l’opacité semble appeler l’émergence de ce concept de lanceur d’alerte, mû a priori, par l’intérêt général.

Positions de FO Cadres

Continuer la lecture

Prélèvement à la source : compliqué, coûteux et dangereux pour les salariés

JPEG - 437.9 ko
Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu n’exonérera pas le salarié de remplir une déclaration. 

Pour vendre son projet de prélèvement à la source (PAS) de l’impôt sur le revenu, le gouvernement vante une réforme simplifiant l’impôt par la « contemporanéité » entre la perception des revenus et leur imposition. Au vu du texte soumis au Parlement, une grande complexité fiscale s’annonce au contraire pour les salariés-contribuables. Sans compter que le dispositif, qui devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2018, est porteur de mesures qui pèseront sur le pouvoir d’achat.

Zones grises pour une année blanche

L’année 2017 sera une année blanche, c’est-à-dire sans fiscalisation des revenus. Le contribuable recevra un avis d’imposition qui notifiera un Crédit d’impôt de modernisation du recouvrement (CIMR) qui annulera l’imposition des revenus. En 2017 toutefois, les salariés ne seront pas exemptés de l’impôt sur le revenu puisqu’ils s’acquitteront de celui portant sur leurs revenus de 2016. Par ailleurs, un revenu exceptionnel (vente d’un bien immobilier…) perçu en 2017 sera imposable. Les crédits d’impôt pour des dépenses réalisées en 2017 (travaux d’habitation…) seront pris en compte mais de manière décalée. Ils ne seront restitués au contribuable que plus d’un an après, soit au milieu de l’année 2018. Pour se prémunir contre l’optimisation fiscale (déclarer un maximum de dépenses), l’État a prévu par ailleurs d’allonger le délai de prescription de ces contrôles. L’administration pourra ainsi demander des justificatifs sur les revenus de 2017 pendant quatre années. Actuellement, la prescription pour le contrôle est de trois ans.

Le salarié perd le contrôle de son impôt

Dès 2018, « le contribuable salarié n’a plus la main sur le paiement de l’impôt puisque celui-ci est prélevé directement sur le salaire », explique Frédéric Liautaud, chargé de la mission fiscale au syndicat FO de la DGFIP (finances publiques). Le système de prélèvement d’un acompte sur le salaire contraindra en parallèle le contribuable à réaliser des démarches supplémentaires auprès de l’administration afin de régulariser sa situation.

Continuer la lecture

[Accord] Salaires 2016

Après la dernière réunion de négociations sur les salaires, la Direction a accepté l’une de nos principales revendications : une enveloppe minimum de 1,5 % de la masse salariale pour les augmentations individuelles. C’est une enveloppe 50 % supérieure à celle de 2015.

Même si l’ensemble des revendications n’ont pas abouti, les adhérents FO Astek ont décidé de signer cet accord.

Pour consulter cet accord, cliquez sur le lien : Accord sur les salaires – 2016